Irina
(Concours d'écriture BD XIII gagné en première place.)
Ce soir-là, les deux hommes burent à n'en plus finir, se mirent à hausser le ton et à en venir aux mains, ces mains qui avaient tenu les armes pour défendre leur Sainte Mère Russie et avaient tuées à de nombreuses reprises ! Dans la lutte, Kracivaia, la mère d'Irina, fût tuée accidentellement, frappée à la nuque par la table que les hommes avaient renversée.
Le feu, dont les braises étaient éparpillées sur le tapis où gisait sa mère, léchait déjà les poutres du plafond. Quand l'une d'elles finit par tomber, le vacarme inattendu pétrifia les deux hommes sur place durant une seconde pendant laquelle Irina avait appuyé sur la gâchette. ...
Mark vu son frère d'armes lui glisser des bras pour s'échouer au sol, les yeux fixés sur lui, ces mêmes yeux déchirés qu'ils avaient vus tous les deux des milliers de fois au combat.
Mark et Irina restèrent ensemble dans cette maison jusqu'à l'âge de son vingt-troisième été.
On ne sut jamais ce qui s'était passé durant toutes ces années, si elle avait été séquestrée de son plein gré ou pas. Certains lui attribuent le fameux «syndrome de Stockholm», d'autres disent qu'elle fut violée à maintes reprises ou bien encore que c'était une vipère comme sa mère qui n'aimait que les hommes violents. De l'encre fut versé à l'époque sur son compte, des journaux jusqu'aux romans.
Personne ne sut. Personne ne sut jamais. Personne, excepté cet homme, Agent Spécial des Forces du KGB, qu'elle a aimé de tout son être, qui l'a entraînée à se battre aussi, et qui aujourd'hui a perdu la mémoire et a changé de visage...





